Un nouveau traité pour une nouvelle Europe

L'humeur de la semaine

Le sommet européen qui s'est conclu vendredi dernier, le seizième depuis les débuts de la crise en 2009, n'aura certes pas mis un terme à la crise de la dette souveraine. Angela Merkel, à l'issue de celui-ci, n'a d'ailleurs pas manqué de rappeler avec pertinence qu' « on ne réglera pas la crise en un seul sommet ».

Pourtant, alors que l'Union monétaire se voit menacée d'implosion, l'accord obtenu après plus de neuf heures d'intenses négociations, constitue une étape volontariste dans la convergence des politiques économiques. C'est en cela que l'on peut qualifier ce sommet de décisif.

 

Après une décennie de laxisme financier et budgétaire sans réelle coordination des politiques économiques, les dix-sept États de la zone euro ont décidé de rédiger un traité intergouvernemental: le traité de Maastricht se voit refondé sur une base plus stable, dotée de règles préventives et coercitives visant à l'équilibre des comptes publics, gage de bon fonctionnement de l'union monétaire.

Chaque état signataire s'engage ainsi à adopter dans sa constitution une règle d'Or; des sanctions, plus systématiques, viseront les États peu soucieux de leurs finances publiques; et la mise en place d'un fonds européen permanent de solidarité (MES) doté d'un montant de 500 milliards d'euros, verra le jour dès la mi-2012.

 

Cet accord scelle l'avenir commun des 17 pays de la zone euro et de leurs neufs partenaires qui ont choisis de s'y associer. Il constitue un net progrès en matière de gouvernance et ouvre la voie à une meilleure intégration de l'union économique.

 

Autant d'avancées propulsées par Nicolas Sarkozy dont le cap est resté inchangé malgré les turbulences, autant de volonté et de pragmatisme franco-allemands qui auront eu raison des Cassandre de la construction européenne.