Le Chef de l'Etat a raison de suspendre temporairement les opérations de formation et d'aide au combat de l'armée française

Quatre soldats français tués en Afghanistan:

Je salue avec émotion la mémoire des quatre soldats français tués ce vendredi en Afghanistan et présente toutes mes condoléances à leurs familles ainsi qu'à leurs proches.

 

Cette attaque, perpétrée par un homme vêtu de l'uniforme de l'armée afghane, repose la question de la possible infiltration des insurgés dans les forces afghanes, alors que les troupes internationales ont déjà essuyé plusieurs attaques similaires menées par des soldats de l'Armée nationale afghane, ou par des policiers afghans.

En ces circonstances, j'approuve les déclarations du Président de la République visant à suspendre les opérations de formation et d'aide au combat, le temps qu'une enquête approfondie nous éclaircissent sur les conditions exactes de cet assassinat et fasse le point sur la situation.

 

Les entraînements et les opérations menés conjointement entre forces afghanes et soldats étrangers sont au coeur de la stratégie de la FIAS et doivent permettre, au terme d'un calendrier déjà établi, son retrait d'Afghanistan dans les meilleures conditions de sécurité.

Cependant, cette méthode d'assassinat « de l'intérieur » qui semble tragiquement se répéter, remet gravement en cause ce pourquoi les soldats français se sont engagés et presse plus que jamais les autorités afghanes à prendre en main la sécurité de leur pays.

 

Quoiqu'il en soit, si l'objectif des insurgés est clair – celui d'anticiper le départ des troupes internationales d'Afghanistan – il convient de ne pas réagir à chaud.

 

AFGHANISTAN,Les Montagnes de la Liberté...

AFGHANISTAN, LES MONTAGNES DE LA LIBERTÉ

Préambule:

Convoité par de nombreuses puissances tant régionales que mondiales, l’Afghanistan s'est toujours trouvé sur le chemin depuis l’Inde hier lorsque les Perses, Grecs, Moghols, ou Turcs rêvent d’en prendre le contrôle à l'Iran aujourd'hui. Inversement, l’Afghanistan d'hier s’est toujours trouvé sur le chemin des empereurs indiens comme Ashoka, dans leur volonté d’expansion vers l’ouest et l'Afghanistan d'aujourd'hui sur la route d'une Islamisation fondamentaliste à l'image de l'Iran. Cette vaste région est comparable à la région des Balkans tant au plan géopolitique que géostratégique.Le rôle de l’islam est également fondamental dans l’histoire de ce pays. Les premières armées arabo-musulmanes répondent à l’agression des Sassanide de Perse et défient le puissant voisin à la bataille d’al-Qadisiyya. La déroute des sassanides ouvre la voie à la jeune armée musulmane qui finit par absorber le grand Empire dont l’Afghanistan faisait partie intégrante. L’islamisation de l’essentiel du pays a pris plus de 200 ans. La résistance légendaire des shahs de Kaboul, encore bouddhistes, l’a considérablement retardée. La région du Nourestân a été la dernière région du pays à se convertir à l’islam. En effet, les Nouristanis ne sont majoritairement musulmans que depuis le xixe siècle, soit plus de 1 200 ans après les toutes premières conquêtes arabes.

Depuis l’expansion des tribus pachtounes(1), au XVII ème et XVIII ème siècles, des zones (2) à prédominance ethnique ouzbèque, turkmène ou encore tajik ont été rattachées au royaume d’Afghanistan. A partir de 1709, le pouvoir central a toujours était partagé suivant les siècles, les envahisseurs,les guerres de succession et les assassinats entre les pachtounes issus de la tribu Ghilzai, branche sunnite (dynastie Hotaki au pouvoir de 1709 à 1738 dont Mir Wais Khan Hotaki fut Roi d'Afghanistan et Chah d'Iran de 1709 à 1715 puis les Talibans(3) de 1996 à 2001) et de la tribu Abdali , branche chiite (dynastie Durrani au pouvoir de 1747 à 1978 avec les Baraksai /Amanullah Khan,dernier Roi ou Padshah d'Afghanistan de 1919 à 1929 et les Popalzai /Amid Karzaï,1er président de la République islamique d'Afghanistan depuis 2004).

A l’origine, le mot « Afghan » n’englobait que les populations pachtounes. Il fallut attendre 1919 et l’accession de l’émir Amanullah Khan au pouvoir (pachtoune,tribu Durrani, autoproclamé roi d'Afghanistan) pour que la première fois dans l’histoire du pays tous les habitants, quel que soit leur ethnie ou leur religion, soient tous regroupés sous la dénomination d ‘« Afghans ». Cette situation perdura sous le roi Zaher Shah, puis à l’époque du président Daoud Khan. Une politique d’intégration de toutes les ethnies avaient alors cours.
La révolution de 1978 et l’invasion soviétique (anciens alliés d'Abdur Rahman Khan(4) vinrent remettre la « fracture ethnique » à jour.Les Soviétiques envahissent l'Afghanistan dans le but, selon certains, de rallier ce pays au bloc soviétique, pour d'autres, de répondre, à ses frontières, au soutien actif des États-Unis d'Amérique aux moudjahidines luttant contre le régime communiste de Kaboul. C’est ainsi que pendant toute la période de l’occupation puis pendant la guerre civile, les diverses ethnies s’entredéchirèrent, chacune appuyant un ou plusieurs chefs de guerre représentant leurs intérêts. On peut citer les plus connus, Dostam pour les Ouzbeks, Hekmatyar(5) pour les Pachtouns ou encore Massoud pour les Tajiks.

En 1996, l’accession des Talibans au pouvoir ne vint qu’accentuer le ressentiment des minorités contre la majorité pachtoune. Puis à la chute des étudiants en religion, les exactions contre les populations pachtounes du Nord de l’Afghanistan élargirent encore le fossé. En Mars 2001, 6 mois avant les attentats de New york,la destruction des statues de Bouddha préislamiques de Bâmiyân marque le prémice d'un renversement d'alliance et la réponse des Talibans à la décision de l'administration Bush de ne plus soutenir le régime islamique de Kaboul suite à la pression internationale et la mise à mort en directe de plusieurs femmes dont une journaliste.

Depuis 2001, sous couvert de chasse aux sorcières le vaste territoire Afghan est devenue le terrain d'entrainement de toute les armées du monde. Le bourbier Afghan reste la guerre la moins chère de ces 100 dernières années et pour cause, derrière un prétendu humanisme moderne elle n'est qu'une variante d'un pseudo colonialisme que l'on croyait mort en 1952.

Alors à la lumière de cette analyse et dans un tel contexte, qu'en est-il des militaires et autres journalistes et humanitaires qui meurent derrière ce rideaux de fumé médiatique? Je répondrais au pire que se sont des risques liés à leurs fonctions et qu'au mieux c'est le prix à payer pour tenter de donner une chance aux droits de l'homme de grandir dans une région qui à défaut d'être un pays un jours devienne une zone de droit pour tous.

Dans ses conditions quel avenir pour l'Afghanistan au départ des troupes ( humanitaires) dans les mois qui viennent? Dans un premier temps il y a peu de chance que le Président actuel reste longtemps à sa place, son avenir s'annonce sombre sauf accord des différentes tribus qui forment le noyau dur armé de la résistance à la pacification de la région. Dans un second temps, le retour d'un régime de type Taliban semble probable tel une piqûre de rappel d'une société rétrograde . Puis dans un troisième temps, l’assèchement de l'aide en munitions des uns et des autres, et le tarissement des ressources marquera peut être le début d'une vrai révolution populaire arabe ou après 3 siècles de lutte fratricide pour le contrôle du pouvoir entre les tribus pachtounes, l'Afghanistan rentrera dans une époque propice à l'établissement d'une vrai démocratie, fondement même d'un pays moderne et de l'unification d'une région. On ne peut du reste exclure dans un avenir proche, l'éclatement de l'Afghanistan en trois entités islamiques...L'une Pachtoune à dominance sunnite, l'autre Hazara à dominance chiite et la troisième Tadjik sous forme d'une République Islamiste orthodoxe...Je finirais par cette citation à destination de tous les musulmans du monde:

"Je remercie Dieu d'avoir connu les musulmans avant de connaître l'islam"

Vincent Portier

Ps: à lire également l'article très intéressant De l'origine du conflit entre sunnites et chiites...
http://www.bakchich.info/international/2007/06/20/de-lorigine-du-conflit...

(1):Pachtounes (groupe éthnique divisé deux tribus,les Ghilzais au nord et les Durrani au sud descendants de l'émir Sulaiman)

-Les Ghilzais (aussi connu sous le nom de Khiljis ou Ghaljis) sont un des deux plus grands groupes de Pachtounes, avec la tribu Durrani, que l'on trouve en Afghanistan et dans une moindre mesure au Pakistan voisin. Ils forment la tribu pachtoune la plus importante en Afghanistan, occupant la région au nord de Kandahar qui s'étend vers le Mont Suleyman.
Les Ghilzais sont concentrés dans une zone entre Ghazni et Kalat-i-Ghilzai à l'est sur le territoire du Pakistan occidental. Ce groupe est majoritairement nomade, au contraire des Durrani qui sont plutôt sédentaires. Les estimations de population peuvent varier mais représentent environ 20 à 25 % de la population afghane, et probablement un nombre de 9 millions en Afghanistan seul et 2 millions au Pakistan. Comme tous les Pachtounes, les Ghilzais descendent des tribus aryennes parlent le pachto est sont à la base de la dynastie Hotaki (1709 - 1738). Ils se sont rebellés contre les persans au début du xviiie siècle. L'armée perse a été battue et les Afghans ont brièvement contrôlés l'Afghanistan et des parties orientales de l'Iran entre 1719 et 1729. Ils étaient à cette époque menés par Mir Wais Khan qui s'est rebellé contre le pouvoir du gouverneur d'origine géorgienne Gurgin Khan et a battu les armées Safavides à Kandahar. Après la mort de Mir Wais en 1715, son fils Mahmoud mène une armée afghane avec le but d'envahir la Perse. But atteint en 1722 quand l'armée afghane bat les Safavides à Gulnabad en 1722 et établissent ainsi leur pouvoir sur la perse.
Cette dynastie était une dynastie violente, et les conflits permanents entre les chefs ont rendu l'exercice du pouvoir difficile. Il est possible qu'ils descendent aussi des Turcs Khalaj (ou Khilji), qui sont entrés en Afghanistan au xe siècle en même temps que d'autres envahisseurs d'Asie centrale et du Moyen-Orient. La plupart des Ghilzais sont des musulmans sunnites de l'école Hanafite, sont souvent très dévots et suivent aussi le code d'honneur pachtoune connu sous le nom de Pachtounwali. La plupart des Ghilzais travaillent comme éleveurs mais aussi dans la construction et d'autres métiers leur permettant de voyager. Ils ont un taux d'alphabétisation très bas d'environ 10%.
Les Ghilzais ont joué un rôle prépondérant dans l'histoire du Moyen-Orient, de l'Asie centrale et de l'Asie du sud. La dynastie Ghaznévide fait probablement partie des ancêtres des Ghilzais, ainsi que la dynastie des Lodi, qui régnèrent sur le Sultanat de Delhi (1450–1526). En 1709, Mir Wais Khan, un Pachtoun Ghilzai, fonda la dynastie Hotaki (1709-1738), qui favorisa l'éclatement d'une révolte tribale contre les maîtres persans amenant la domination afghane de l'Iran de 1722 à 1734 par Mahmoud (Ghilzai) puis par Ashraf (Ghilzai) avant que Nâdir Châh ne reprenne le pouvoir en Iran.
Au début du xxe siècle, Sher Khan Nasher gagna une grande influence politique en tant que Khan Ghilzai qui devint gouverneur de Kunduz. Il fut suivi de son fils, Gholam Serwar Nasher qui dirigea la compagnie Spinzar, et de son neveu, le parlementaire Gholam Nabi Nasher. Pendant la période de l'invasion soviétique de l'Afghanistan, de nombreux moudjahidines étaient aussi des Pachtounes Ghilzai, comme par exemple Gulbuddin Hekmatyar. Les dirigeants et les rangs des Talibans étaient aussi fournis en Ghilzais, ce qui les plaça à l'opposé de la scène politique par rapport à leurs cousins Durrani, qui sont actuellement représentés dans le gouvernement de Hamid Karzai.

-Les Durrani représente la seconde tribu afghane de l'ethnie pachtoune. Connu avant 1747 sous le nom des Abdali (ابدالی persan), la tribu change de nom en 1747 lors du couronnement d'Ahmad Shâh Durrani comme padishah d'Afghanistan. Durrani est un dérivé de dur-é-duran qui signifie la perle des perles en langue pachtou.
Cette tribu influente de l'Afghanistan, se subdivise en plusieurs branches comme: Sadozaï, Barakzaï ou encore Mohammadzaï. Tous les souverains de l'Afghanistan sont d'ailleurs issus de ces trois branches. Ces branches se subdivisent ensuite en clans : comme par exemple le clan Popalzaï (dirigé aujourd'hui par Hamid Karzaï, le chef de l'État afghan) qui fait partie de la branche des Mohammadzaï de la tribu des Durrani.
Présents essentiellement dans le sud de l'Afghanistan, les Durrani ont la particularité de maîtriser les deux langues nationales (le dari et le pachto) et font partie de l'élite intellectuelle pachtoune. La tribu est forte de 5 millions d'individus dispersée d'un côté et de la l'autre de la frontière afghano-pakistanaise.

(2): Il existe en Afghanistan, principalement quatre peuples : les Tadjiks, les Ouzbeks, les Hazaras (d'origine mongole, mais parlant un dialecte persan et à majorité chiite), et les Pachtounes. Les Ouzbeks sont présents au nord ainsi qu´en Ouzbékistan, les Tadjiks parlent une langue iranienne et sont en majorité sunnite, vivant dans l´ouest, le nord-est et au Tadjikistan.

-Tadjik

A l’époque où le Yémen était une satrapie de l’empire Sassanide, les arabophones de la région, étaient désignés par le nom de leur ville principale, qui se trouvait être Taez, au Yémen. Alors, Taezi, habitant de Taez, devenait en persan "Pahlavi" "Taesik" et puis ce "Taesik" a désigné dans l’empire Perse, tous les arabes. Lorsque les perses se sont convertis à l’islam après la bataille de Talas (bataille qui a marqué l’arrivée des Arabes jusqu’aux confins de la Chine), le terme Tadjik a été utilisé pour différencier les musulmans des non musulmans.

Il est aussi dit que le mot tadjik provient du mot « tâdj » couronne, c’est un terme qui servait aux arabes à différencier les persanophones au pouvoir des turcophones.

Disséminés à travers le pays, ils représentent 25 % de la population. Les Tadjik vivent essentiellement dans le nord, dans la vallée du Panjsher, au nord de Kaboul, dans les provinces de Parwan, Takhar, Badakhshân, Baghlân, Samangân et en plusieurs îlots autour d’Hérât à l’ouest et de Ghazni à l’est.

Les Tadjiks sont persanophones ils parlent le dari (persan parlé en Afghanistan) ou le dialecte Tadjik (persan du Tadjikistan). On distingue deux catégories de Tadjiks : les « Tadjiks montagnards » (Badakhshân) par opposition aux « Tadjiks des plaines » ; les premiers sont des musulmans chiites ismaéliens, alors que les seconds sont sunnites de rite hanafite.

En règle générale, les Tadjiks sont des cultivateurs ou commerçants. Ils ne représentent plus aujourd’hui une véritable ethnie, mais plutôt un ensemble de peuples ayant une culture et une langue commune, le dari. Autrement dit, le mot Tadjik désigne en Afghanistan tous les persanophones sunnites du pays.

En Afghanistan, les Tadjiks comptent traditionnellement parmi les adversaires les plus déterminés des Pashtouns.

Outre l’Afghanistan, on trouve aussi des Tadjiks au Tadjikistan, en Ouzbékistan, au Kazakhstan, en Iran et en Chine, pour un total de quelque onze millions de personnes, dont quatre en Afghanistan.

-Ouzbeks

Le mot Ouzbek est issu de deux mot d’origine turque, « ouz » qui signifie authentique et « bek » qui signifie homme. Ouzbek veut donc dire homme authentique.

Ils vivent dans le nord et l’ouest du pays, le long de la frontière avec l’Ouzbékistan.

A l’instar de nombreux peuples de la région, les Ouzbeks sont d’origine turco-mongole, ils se sont métissés avec les peuples iraniens.

Ils ont fait partie de l’empire de Gengis Khan en rejoignant la Horde d’or (XIVe siècle) et se sont fixés au nord de l’Amou-Daria après leur défaite en 1506 devant les Timourides basé à Hérat. Ils y fondent les khânats (territoire soumis à un khân) de Khiva, de Boukhara et de Kokand.

Au XIXe siècle, ces petites principautés souvent en guerre les unes contre les autres sont annexées par la Russie.

Au moment de la Révolution russe, les Ouzbeks tentent de recouvrer leur indépendance et s’opposent aux bolcheviques jusqu’en 1924. Beaucoup refusent la domination soviétique et se réfugient en Afghanistan.

Regroupés dans le nord de l’Afghanistan, les Ouzbeks ont établi onze places fortes entre Maymana et Koundouz dirigées par de puissants leaders parfois indépendant parfois vassal de Boukhara ou Kaboul mais toujours en concurrence pour le pouvoir.

A la fin du XIX siècle Abdul Rahman rallie ces khânats sous son autorité.

Les Ouzbeks ont un long passé de cohabitation (parfois conflictuelle) avec les Tadjiks et partagent avec eux un certain genre de vie, toutefois chaque ethnie garde son quartier respectif.

Les Ouzbeks se désignent par d’ancien nom de tribu ou par le nom de la ville de leur ancêtres. La société ouzbek en Afghanistan est patriarcale, l’autorité est aux mains de leader appelé beg, arbâb, ou khân. L’endogamie (mariage avec un membre de la tribu) est primordiale. Bien qu’il y ait des mariages interethniques entre ouzbek, turkmène et tadjik l’aversion pour le mariage avec les pachtounes est répandue mais ce phénomène est réciproque.

Les Ouzbeks sont principalement agriculteurs et éleveurs. Nombre d’entre eux vivent en ville et sont hommes d’affaire ou artisans (argentier, orfèvre, travaillent le cuir, ou carpette).

Ils représentent 5% de la population afghane.

Il y a aussi des Ouzbeks en Ouzbékistan ou ils sont majoritaire (76p100 ; 17 millions de personnes), ainsi qu’au Turkménistan (9p100) et au Tadjikistan (23p100).

Ils parlent l’ouzbek appelé aussi Jagatai, un dialecte turc et sont musulmans sunnites de rite hanafite.

-Qizilbash

Le terme Qizilbash signifie les « têtes rouges », nom donné en raison de leur coiffe rouge. Ils sont dispersée en Afghanistan et considérés comme les descendants militaires et administratifs qui gouvernaient les provinces afghanes pour le compte de l’empereur Safavide Nader Shah Afshar au XVIII e siècle (1736-47).

Sous le règne d’Ahmad Shah Durani les Qizilbash ont acquis une force et une influence à la cour, concurrençant l’ethnie pachtoune. Ils se rallièrent aux Britannique durant la première guerre anglo-afghane (1838-1842). Tout comme les chiites Hazara, l’émir Abdul Rahman déclare les Qizilbash ennemi de la nation : il leur confisque leurs terres et les persécute.

Les Qizilbash sont chiites. Leur population est estimée à 50 000 personnes en Afghanistan, mais il est difficile de les dénombrer du fait que beaucoup se font passer pour des Tadjiks sunnites ou membre de confrérie soufie pour éviter les discriminations religieuses.

Il est à noter qu’ils sont considérés comme l’ethnie la plus cultivée. Ils occupent des postes bureaucratiques et professionnels importants.

De langue Afshari, un dialecte Azerbaidjanais fortement influencé par le persan, ils n’utilisent pas l’alphabet cyrillique, ou de langue dari, tous sont bilingues avec le dari ou pashto.

Les Qizilbashs sont en grand nombre en Turquie, mais leur dénomination a changé depuis le XIX è siècle on les appelle maintenant Alévis.

-Hazara

Le terme Hazara signifie « les mille ». Ils ne sont pas contrairement à la légende les descendants de Gengis Khan. Toutefois il est probable que leur nom soit issu du fait que Gengis Khan ait implanté une unité de mille guerriers à sa solde dans la région.

De type mongoloïde il s’agit d’un peuple dont on ne connaît pas exactement les origines. Il s’est installé dans le Hazarajat actuel et s’est mixé aux peuples voisins. Les mongoles ont atteint cette région pour la première fois durant la période sassanide (420apJC). De 425 à 566, Bamiyan a été une place forte du bouddhisme, accueillant beaucoup de pèlerin chinois.

Les Hazaras vivent au centre du pays dans le Hazarajat qui signifie « pays des Hazaras » (sa superficie est d’environs 50 000 kilomètres carré).

Pendant les campagnes « anti-hazaras » mené par Abdul Rahman nombre d’entre eux ont fuis vers le Turkménistan ou dans les provinces de Jawzjan et Badghis.

Les Hazara sont majoritairement chiites, ismaéliens, peuvent être sunnites à Kaboul, dans le nord ou à Bamiyan.

Durant la guerre soviéto-afghane les Hazaras ont été exclus des parties de la résistance parce que chiites (la politique pakistanaise n’a accepté que des partis sunnites et pro pachtoune excepté le Djamiat).

Les discordes entre hazaras et pachtounes proviennent de différents au sujet des fertiles pâturages dont les Hazaras ont été spoliés au profit des pachtounes transplantés au Hazarajat par le coup de force mené par Abdul Rahman 1895-96 pour hérésie. Mais d’une manière plus générale les Hazaras sont considérés comme au plus bas de l’échelle sociale en Afghanistan. Aujourd’hui encore ils occupent les emplois les plus ingrats.

On peut donner deux principales raisons à cet état de fait ; d’une part le chiisme est considéré comme hérésie par la majorité sunnite du pays et d’autre part, leurs traits physiques de type mongoloïde les distinguent plus encore.

Les Hazaras ont été organisé en groupe dirigé par des khâns jusqu’à ce que les pachtounes s’approprient les pouvoirs politico-économiques. Depuis ils ont perdu leur structure tribale.

Ils sont de langue dari ou hazâragi, un dialecte persan local au Hazarajat avec une forte influence mongole en ce qui concerne le vocabulaire.

Ils représentent 15% de la population.

(3) Talibans (étudiants) descendants de l'ethnie Ghilzai (nord de l'Afghanistan et sud du Pakistan): Les talibans sont issus majoritairement des Pachtounes, estimés à 15 millions d'habitants. Le "noyau dur" du mouvement vient des tribus pachtounes du Sud, qui ont fourni une grande partie des réfugiés au Pakistan. Selon leurs vicissitudes, les talibans obtiendront, puis perdront le soutien de la plupart des chefs tribaux pachtouns.Durant la guerre contre les Soviétiques, des millions de jeunes Afghans furent éduqués dans les madrasas de la zone tribale pakistanaise. Ils y furent fortement influencés par une école de pensée, l'école deobandi, qui prône le retour à « un islam juste et respectant les principes islamiques ».Les talibans sont donc des « néo fondamentalistes ». Ils veulent d'abord réislamiser les mœurs, la justice, les êtres humains. La forme de l'État n'a pas d'importance pour eux à la condition de respecter la loi divine. Et seuls ceux qui l'ont étudiée, c'est-à-dire les talibans, sont à même de l'expliquer et d'en assurer le respect.
C'est pour cela qu'ils déclarent dans leurs premières années qu'ils ne veulent pas le pouvoir politique. C'est aussi pour cela qu'ils attachent tant d'importance à tout ce qui touche à la vie quotidienne, publique ou privée.
Durant les premières années de leur prise de pouvoir, les talibans jouissent d'un réel soutien populaire, surtout, mais pas uniquement, de la part des populations pachtounes du sud et de l'est. Les Afghans sont fatigués de leur guerre avec l'URSS et des exactions des chefs de guerre qui ensanglantent le pays, et beaucoup accueillent volontiers ces religieux qui amènent l'ordre et la sécurité. Les contraintes morales ne changent, en fait, pas grand-chose dans les campagnes où les femmes portent déjà la burqa, et où, dans leur très grande majorité, elles ne travaillent ni ne vont à l'école.
De 1994 à fin 1997, les talibans profitent aussi d'un soutien moral, sinon financier et militaire, de la part des services secrets pakistanais, dans une relative indifférence internationale. La présence sur le territoire afghan, à partir de 1996, d'Oussama Ben Laden, qui a déclaré haut et fort qu'il allait, entre autres, s'attaquer aux États-Unis par tous les moyens, change la donne. Ben Laden avait déjà eu l'occasion de rencontrer le ministre taliban aux frontières, Jalaluddine Haqqani, en 1986, lors du programme afghan de la CIA. Depuis Carter, les Talibans et autres Moudjahidine (tous deux opposés au régime communiste de Kaboul mis en place par les Russes) ont été soutenus par l'administration Américaine,notamment Clinton, jusqu'en Janvier 2001 date de la prise de pouvoir du gouvernement Bush fils.

(4)/Abdur Rahman Khan (surnommé l'« émir de fer » grand père du roi Amanullah Khan, descendant de l'émir Sulaiman, dynastie Barakzai/Durrani ) : Quand Abdur Rahman accède au pouvoir en 1880, les différents territoires composant l'Afghanistan sont pratiquement autonomes. Les vallées et les villages s'administrent eux-mêmes, sous l'autorité d'un chef ou d'un mollah ; quant aux tribus, clans, ou groupes ethniques ils se reconnaissent des chefs dont le pouvoir est égal à celui des émirs du « royaume de Kaboul ». Tels sont les émirs du Turkestan, les Hazaras, ou les chefs des Ghilzaïs ou d'autres groupes pachtouns. Le premier souci du monarque va donc consister à affirmer son pouvoir sur un royaume dont les frontières Est et Sud ne seront définitivement fixées qu'en 1893, celles du Nord et du Nord-Est en 1896.Abdur Rahman va placer à la tête des provinces des gouverneurs pachtounes. Dans le même temps, il s'efforce de briser le système tribal, jouant habilement les uns contre les autres, ou corrompant des notables pour acheter leur docilité ou leur neutralité. Il demande parfois que des chefs de clans lui confient un ou plusieurs enfants afin d'assurer leur éducation à Kaboul ; il s'agit en fait d'une véritable prise d'otages. Lorsqu'il le faut, il emploie la force avec une armée qu'il modernise et qui fait l'objet de toutes ses attentions.

(5) Hekmatyar ( leader islamiste afghan, descendant de l'ethnie Ghilzai,ancien premier ministre et chef du parti Hezb-e-Islami Gulbuddin,HIG (Moudjahidines), rallier implicitement aux talibans)

Pour le leader pachtoune, les militaires français en Afghanistan sont "en mauvaise posture. (...) Ils ne peuvent espérer enregistrer des succès contre les moudjahidins. Ils sont fatigués, démoralisés. Ils n'ont aucune idée de contre qui, pourquoi et comment ils se battent". A propos de l'embuscade du 18 août 2008, il explique que "les troupes françaises voulaient arrêter un commandant réputé du Hezb-e Islami. Elles se sont heurtées à une résistance qu'elles n'avaient pas anticipée".

Gulbuddin Hekmatyar donne sa vision de la fin des combats. Parlant des forces de la coalition, il affirme : "Elles doivent avoir quitté l'Afghanistan dans un an. Puis nous organiserons des élections générales, libres et indépendantes. Le but du plan est de mettre fin au conflit de façon pacifique et d'éviter les erreurs commises lors du départ des Russes. Il est indispensable que toutes les factions acceptent d'arrêter cette guerre." En contrepartie du départ des troupes occidentales, il affirme que "les moudjahidins sont prêts à garantir que les Afghans ne créeront aucun problème aux autres pays et ne menaceront ni les Etats-Unis ni les pays européens". M. Hekmatyar assure aussi n'avoir aucun contact ou accord avec les "autres mouvements insurgés, le mollah Omar et Sirajuddin Haqqani, ainsi qu'avec Al-Qaida". Il ajoute que "le départ des forces d'occupation entraînera l'arrêt des combats". Il demande aussi la fin de l'ingérence des pays frontaliers : Iran, Pakistan, Inde et Russie.

A propos du processus politique (les élections législatives du 18 septembre), le chef du Hezb-e Islami affirme qu'il ne participera pas à des élection "supervisées par les étrangers". M. Hekmatyar ajoute qu'il n'entrera pas dans un gouvernement Karzaï "tant que les forces internationales occuperont le pays". Enfin, à propos des combats opposant talibans et membres du Hezb-e Islami dans les provinces de Baghlan et de Wardak, il soutient que certains "talibans ont été influencés par les services secrets américains".http://www.sidh.eu/archives/2012/04/21/24070119.html